Le Rio Grande do Sul, les gauchos, la gaïta ponto (gaïta quoi ?) : autant de concepts qu’il vous faudra comprendre si vous voulez savourer toute la virtuosité du Renato Borghetti Quartet en concert ce jeudi 23 mai 2013 à la Philharmonie.
Reprenons depuis le début : le Rio Grande do Sul est l’Etat le plus méridional du Brésil aux frontières de l’Argentine et de l’Uruguay. Tous trois partagent la même culture, celle des gauchos, les gardiens de troupeaux de la pampa sud-américaine. Outre leurs vêtements et leur cuisine, les gauchos se distinguent par leur musique, où l’accordéon joue un rôle prédominant. Au XIXe siècle, la région est une terre d’accueil pour les immigrants européens : Russes, Polonais, Allemands, Français, Italiens,… Tous apportent avec eux leurs coutumes, leurs danses (mazurka, polka, valse) et leurs instruments de musique dont l’accordéon. Sur place, les créoles se les approprient, les adaptent et donnent naissance à des genres musicaux originaux : le chamamé (qui évoque la polka mais sur un rythme de 6/ 8), la chacarera (qui se caractérise essentiellement par un rythme ternaire et l’emploi d’instruments à cordes) et la milonga (la sœur aînée du tango, à l’origine un chant, une variante des longues improvisations typiques des payadores, les chanteurs populaires de la pampa s’accompagnant d’une guitare).
Depuis près de 20 ans, Renato Borghetti et son groupe proposent cette musique traditionnelle, festive et riche en émotions, en y incorporant des touches de pop, de jazz, de fado et de tango et en laissant une large place à l’improvisation. Mais ce n’est pas la seule particularité de ce groupe. Si le Renato Borghetti Quartet (ou Quintet ou Sextet, tout dépend des tournées) a atteint depuis quelques années une stature internationale – il a notamment joué avec des grosses pointures comme Stéphane Grappelli ou Ron Carter – et est devenue une véritable institution au Brésil, elle le doit en grande partie à son leader charismatique.
D’origine italienne comme son nom l’indique, de nationalité brésilienne et gaucho par passion, Renato Borghetti est un virtuose de la gaïta ponto, un petit accordéon diatonique à boutons dont la sonorité est plus profonde que celle de l’accordéon normal. «On l’appelle gaita ponto à cause des caractéristiques de cet instrument. Chaque bouton a deux accords, un quand vous l’ouvrez et un autre quand vous le fermez. Il ne comporte qu’un seul bouton ayant le même accord à l’ouverture et à la fermeture des soufflets. Le piano accordéon (plus grand) est de loin plus populaire que celui-ci dans le Rio Grande do Sul. C’est la raison pour laquelle il y a très peu de musiciens capables de jouer de cet instrument.» Pour la petite histoire, Renato Borghetti est très actif dans la préservation du gaita ponto dans sa région. Il a initié le projet Fabrica de Gaiteros qui fabrique depuis fin 2010 le premier accordéon diatonique à son nom, le Borghetti, et qui organise des cours d’accordéon pour les enfants défavorisés.
Borghettinho, comme l’appellent ses fans, est aussi et surtout un entertainer hors pair capable de transcender les foules par son énergie, ses corps-à-corps physiques avec son instrument à la limité de l’acrobatie et de la voltige et son humour complice et communicatif avec ses trois musiciens : Daniel Sa à la guitare et Pedro Figuereido à la flûte et au saxophone, qui l’accompagnent depuis ses débuts, ainsi que Vitor Peixoto au piano. Son look gaucho, dont il ne s’est jamais départi, y est aussi pour quelque chose. Les cheveux longs, le chapeau feutre abaissé sur les yeux, le T-shirt sombre, Renato promène inlassablement sur toutes les scènes du monde son pantalon large de coureur de pampas.
Bref, ne manquez sous aucun prétexte ce concert : ce sera pour vous une expérience musicale intéressante – je ne suis pas persuadé que vous écoutez de la musique traditionnelle gaucho mâtinée de jazz tous les jours ! – et un plaisir des yeux et des oreilles – les musiciens impressionnent tant par leur maestria que par leur sympathie naturelle.
Ibrahim Maalouf avait deux rêves. Le premier, composer une musique de long métrage comblant le silence de l’image, tout en étant parallèle à l’image sans se faire oublier – donc en allant au-delé du rôle de simple accompagnateur. Le second, écrire une musique à la manière de Miles Davis sur L’Ascenseur vers l’échafaud, non pas pour copier, mais pour rendre hommage à cette B.O., l’une des seules musiques à lui avoir fait aimer son instrument. More
After a rehearsal with the Orchestre Philharmonique du Luxembourg, we met Mark Wigglesworth, who’ll conduct the orchestra for the third Aventure+ concert of the season – “The four elements” tomorrow night.
He gives us some explanations on Tippet’s “Four Ritual Dances”, on Wagner’s “Götterdämmerung” and tells us, why he’s regularly writing blogposts to explain what conductors do.
“I’ve practiced violence all my life,” says Lydia Lunch (half) jokingly. And so begins our talk with her about her collaboration with Philippe Petit, her non-existent relation to the music industry and the reasons why she continues to create and perform.
It is beyond doubt that Charlie “Bird” Parker had genius. He was one of the most influential improvising soloists in jazz and, next to Dizzy Gillespie, Charlie Christian and Thelonius Monk, one of the key figure in the development of bop. A legendary, dazzling personality in his own lifetime, he was idolized by those who worked with him, and he has inspired whole generations of jazz musicians and composers.
Charlie Parker died way too young on March 12, 1955 at the age of only 35 (the coroner who performed his autopsy mistakenly estimated Parker’s body to be between 50 and 60 years of age), in the hotel suite of his friend and patron the Baronness Pannonica Rothschild, debilitated by alcoholic cirrhosis, stomach ulcer and pneumonia. How would jazz have evolved, had he lived longer? We’ll never know.
In his “Jazz Guide“* (a must-have book!) , Brian Morton writes : “Even at his most dazzlingly virtuosic, Parker always sounds logical, making light of asymmetrical phrases, idiosyncratically translated bar-lines, surefooted alternation of whole-note passages and flurries of semiquavers, tampering with almost every other parameter of the music – dynamic, attack, timbre – with joyous arrogance. (…) bop has become the dominant idiom of modern jazz and Parker’s genetic fingerprint is the clearest.”
On March 20, we’ll host a concert with British jazz pianist Django Bates in our series “2 x hören“, a concert that will be dedicated to Charlie Parker. Bates devoted his 2010 album “Beloved Bird” to Parker, which makes him the ideal dialogue partner to talk about the genius sax player, but also about improvisation and jazz in general.
Didier
* The Penguin Jazz Guide – The History of the Music in the 1001 Best Albums
Brian Morton & Richard Cook
ISBN 978-0-141-04831-4
Comme dit le proverbe, «malgré le mauvais temps, mars prépare le printemps». Cette playlist, inspirée du programme donné à la Philharmonie en mars, est assez représentative de ce mois transitoire et contrasté : entre œuvres «hivernales» et celles dont le peps est révélateur d’une nature qui se réveille petit à petit.
Mars peut également être une période empreinte de spiritualité, invitant au recueillement et à la méditation : nombreuses pièces de répertoire ayant ainsi été écrites pour des évènements religieux, tels que Pâques qui s’annonce à la fin du mois. More
Ende November baten wir Kinder, die Philharmonie in weihnachtlicher Stimmung zu malen. Die Kunstwerke, die wir pünktlich für das Weihnachtskonzert des OPL im Foyer aufgehängt hatten, werden in den nächsten Tagen nun wieder weggenommen. Hier möchten wir euch einige Bilder nochmals zeigen. More
L’édition 2010 des rainy days, présentée hier à la presse, se trouve probablement dans les pages de votre quotidien préféré. Et parmi les journalistes qui suivent l’actualité du festival se trouvent quatre novices, toutes élèves au Lycée classique de Diekirch, qui auront le plaisir d’interviewer Helmut Lachenmann dans quelques jours. Le compositeur allemand fêtera son 75e anniversaire à la Philharmonie et sera au Luxembourg dès lundi. More