“Chérie, ne bouge pas! Aujourd’hui, c’est moi qui cuisine!” Quand on entend ça, aucun doute: c’est la Journée de la Femme (8 mars). Pour ceux qui auraient un doute, la Journée de la Femme n’est pas l’occasion d’accepter exceptionnellement de mettre une barquette Iglo au micro-onde mais une incitation à la réflexion sur la place de la femme dans la société et de manière plus large, sur l’importance que joue le genre dans la vie de tous les jours. Et pour certaines femmes, le quotidien, c’est l’industrie musicale.
Certains sujets vont et viennent dans les médias spécialisés et le sexisme dans le petit monde de la musique classique, qui a déjà animé les foules à l’automne 2013, ne manquera pas d’être mentionné cette semaine. Lorsque Nicolette Fraillon (Chief Conductor de l’Australian Ballet) se mit en quête d’un cours de direction d’orchestre dans l’Allemagne et l’Autriche des années 1980, on lui répondit plus d’une fois qu’elle pouvait toujours poser sa candidature mais qu’aucune femme ne suivait ces cours. Sous-entendu: ce n’est pas près de changer. Histoire d’une époque définitivement révolue? Pas sûr. La Last Night of the Proms 2013 a braqué tous les projecteurs sur Marin Alsop, première femme à diriger l’événement en 118 ans. Elle s’est dit surprise qu’il puisse encore y avoir des premières de ce type à notre époque.
Les chefs d’orchestre féminins ne manquent pourtant pas; Jessica Duchen a d’ailleurs tenté de les recenser. Mais dans le même article, elle dénoncait également le fait que ces femmes ne décrochent pas de grands événements. Y a-t-il quelque chose qui cloche chez elles? Ou y a-t-il trop de Yuri Temirkanov dans le monde, trouvant qu’il est tout simplement contre-nature pour une femme de diriger un orchestre?
La direction d’orchestre serait nymbée de testostérone et toute femme qui essaie de briser ce mythe se trouvera confrontée à trois difficultés, énumérées par Ellen McSweeney. Premièrement, elle sera scrutée, étudiée, examinée de la tête aux pieds, de la baguette au pantalon. Deuxièmement, elle sera cataloguée par stéréotypes: plus douce qu’un homme, moins dans la domination, plus dans la collaboration, etc. Enfin, plus que comme un chef d’orchestre à part entière, elle sera surtout considérée comme la représentante d’une minorité. C’est avec toute cette charge sur le dos qu’elle tentera l’ascension à travers le fameux plafond de verre. Et pendant ce temps, des jeunes filles se chercheront désespérément un exemple à suivre.
Les solutions proposées vont de laisser le temps changer les mentalités (y compris celles des femmes) à imposer la discrimination positive. Mais au milieu du débat, une lueur d’espoir venue de Finlande – comme Susanna Mälkki: la moitié des élèves acceptés dans la filière de direction d’orchestre de la Sibelius Academy sont des femmes.
— Julie
“Chérie, ne bouge pas! Aujourd’hui, c’est moi qui cuisine!” Quand on entend ça, aucun doute: c’est la Journée de la Femme (8 mars). Pour ceux qui auraient un doute, la Journée de la Femme n’est pas l’occasion d’accepter exceptionnellement de mettre une barquette Iglo au micro-onde mais une incitation à la réflexion sur la place de la femme dans la société et de manière plus large, sur l’importance que joue le genre dans la vie de tous les jours. Et pour certaines femmes, le quotidien, c’est l’industrie musicale. More